lundi 13 juillet 2009

Histoire et principes de Wikipédia (3/6)

Troisième épisode du feuilleton de l'été...

"Mais qui veut la peau de Wikipédia ?

En effet, si finalement le côté full open du procédé décourage les vrais hackers par un trop simple accès au vandalisme, il séduit par contre les vrais ennemis de Wikipédia qui, quant à eux, maîtrisent parfaitement les moyens de communication. Au final, les grossières erreurs ne sont pas si nombreuses à passer entre les mailles du filet (humain ou robotisé). Le problème, c’est qu’elles sont ultra-médiatisées et concourent à discréditer la vocation même de l’outil. Morts annoncées de personnalités célèbres bien vivantes (Edward Kennedy, Philippe Manœuvre…), articles farfelus ou approximatifs, informations diffamantes (affirmation que le journaliste américain John Seigenthaler était l’assassin de John F. Kennedy…), les malveillants s’en donnent à cœur joie pour faire flancher le système. Parfois juste pour voir à quelle vitesse l’erreur aura été corrigée, parfois redisons-le pour contribuer à noircir la réputation de Wikipédia jusqu’ici plutôt favorable.
Jusqu’ici mais après ? Victime de son succès, l’encyclopédie déchaîne une à une les polémiques. Pour la raison que nous venons de citer, à savoir une fiabilité contestable.
Mais aussi à cause d’une omniprésence discutable sur un média (le net) où l’on aime la polyvalence et l’offre multiple. Doublée d’une facilité d’utilisation qui agace.
Car si on en revient à la fonction première d’une encyclopédie et de Wikipédia en particulier : distiller du savoir, on peut comprendre le danger qu’un manque de concurrence dans le domaine et un accès gratuit peuvent entraîner.
Et entraîner certains à prôner l’interdiction de l’outil dans les écoles ou les universités.
Comme ce fut le cas dans le New Jersey il y a deux ans où certains professeurs sont partis en croisade contre l’utilisation de l’encyclopédie au sein d’un collège.
Motif ? L’usage abusif de Wikipédia comme unique source dans les travaux nécessitant des recherches documentaires.
Les élèves ou étudiants se borneraient à cette source sans vérification préalable des informations trouvées. Qu’on se rassure, ce constat ne concerne pas seulement la population américaine. De nombreux professeurs de facultés françaises ont noté le phénomène (certains témoignent même de l’utilisation de l’encyclopédie pendant les cours pour mieux répondre aux questions). Et on ne compte plus les mémoires recalés pour cause de copier/coller flagrants.
Une omniprésence qui gênerait également les grands patrons d’entreprises du CAC 40. Selon une étude de l’agence de communication Euro RSCG, Wikipédia « cannibaliserait » les informations sur ces entreprises. Par exemple, dans la recherche sur une grande enseigne du luxe, vous aurez dans les deux premiers résultats, le site officiel et vitrine de ce groupe et la définition de l’encyclopédie.
Définition saisie par n’importe quel internaute et non par le service de communication de la marque. Une information factuelle et impartiale remettant parfois au goût du jour des événements que les pros du marketing préfèreraient faire oublier.
Et, somme toute, une deuxième position sur la première page du moteur de recherche très chère et du coup, très enviée par les annonceurs.
Wikipédia présente ainsi aujourd’hui des détracteurs dans des domaines aussi opposés que l’éducatif et le commercial. Et même si les critiques peuvent elles-mêmes être mises à mal, elles semblent rendre l’encyclopédie nerveuse. Car à ne pas verser dans la publicité, on n’en est pas moins attentif à son image.
Au final, un repli sur soi menant à quelques rumeurs de censures pas forcément prouvées et surtout, le récent débat de rendre les auteurs moins anonymes pour tenter de regagner des points crédibilité auprès du grand public.
Une crédibilité écornée pour toutes les raisons que nous venons de citer, mais aussi probablement à cause de la concurrence qui point… et qui, forcément, appuie là où ça fait mal..."


à suivre : Des concurrences loyales
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