jeudi 9 juillet 2009

Histoire et principes de Wikipédia (2/6)

Suite de mon article paru dans Inter-CDI n°220 sur Wikipedia...

"Wikipedia = Google repetita ?

Le parallèle est facile. Pourtant, il vient rapidement à l’esprit dès qu’on se penche un peu sur les phénomènes purement web. Notamment sur un point, exemplaire et en même temps, terriblement dérangeant : difficile de citer des concurrents crédibles à ces deux bêtes virtuelles tant nous les utilisons comme nous respirons.
Combien sommes-nous à avoir juste essayé de faire une requête dans un moteur de recherche autre que Google ? Pas beaucoup (en décembre 2008 moins de 9% des utilisateurs français de moteurs de recherche – source Xiti Monitor).
Combien sommes-nous à en être revenus, dépités par les résultats obtenus (peu nombreux et/ou peu pertinents et/ou trop orientés, etc…) ? La plupart d’entre nous.
Combien sommes-nous à avoir complètement éloigné Wikipédia de nos recherches sur un thème précis ? Pas beaucoup.
Combien restons-nous à privilégier d’autres sources encyclopédiques lorsque nous avons besoin d’éclaircir un sujet ? Pas beaucoup mieux(2).
Et là d’intervenir le second point de comparaison. Ou plutôt d’interaction : à une requête d’ordre général (comprenez pas trop commerciale), Google vous proposera toujours dans les résultats, un ou plusieurs liens vers Wikipédia (en 2006 déjà, une étude américaine chiffrait qu’un internaute sur deux arrivait sur l’encyclopédie via Google).
De quoi rendre fou effectivement tous ceux qui passent des budgets notables dans le référencement de leur marque avec pour objectif de figurer sur la première page du moteur de recherche numéro un.
Google et Wikipédia, un duo de choc donc. Quoiqu’à y regarder de plus près, la relation semble plus parasitaire que mutuelle.
En effet, si Wikipédia grâce à ses contenus vertigineux, ses liens hypertextes archi-nombreux et ses mises à jour quotidiennes fait figure de bon élève lui permettant de coller aux critères d’indexation du géant Google, celui-ci, en revanche, ne profite pas vraiment des bons points de l’encyclopédie.
Wikipédia refusant depuis sa création toute forme de publicité sur ses pages.
Déconcertant pour un moteur de recherche qui se verrait bien cribler chaque article ou chaque définition d’un ou plusieurs de ses liens commerciaux (liens contextuels) en rapport avec le sujet développé et menant d’un simple clic sur l’une des pages de ses annonceurs.
Ainsi, Wikipédia rend probablement dingue même Google !
Cette absence de publicité dans un site aussi visité fait figure d’exception sur la planète Internet. On peut penser que cet argument – pour ne pas dire engagement – séduit d’autant plus les utilisateurs. Pour preuve, le dernier appel aux dons de Jimmy Wales en juillet 2008 a réussi à mobiliser 125 000 personnes et de nombreuses fondations pour une somme totale de 6 millions de dollars et ce, en à peine six mois.
Argent permettant, entre autres, d’écarter la publicité des pages de l’encyclopédie.
Une exception qui va dans le sens du projet tel que Wales l’a toujours présenté : gratuit, collectif et même caritatif. La fondation Wikimédia qu’il a créé en 2003 dans le but de financer le fonctionnement de Wikipédia et diverses actions liées, affiche d’ailleurs très clairement sa vision utopico-charitable : « Imaginez un monde dans lequel chaque personne pourrait partager librement l'ensemble des connaissances humaines. Et nous avons besoin de votre aide. Vous pouvez aider la Wikimedia Foundation en donnant dès aujourd'hui. »
Un site pourvoyeur de connaissances transformé en organisation humanitaire… original et forcément séduisant par les temps qui courent.
Car le succès de Wikipédia est aussi certainement conjoncturel. En plus de s’inscrire dans la vague sociale propre au Web 2.0, le site nous rend tous égaux devant la connaissance, qu’il s’agisse de celle que l’on produit ou de celle que l’on se procure. Grâce à son utilisation facile comme à sa gratuité. Deux enjeux majeurs aujourd’hui.
Pour en finir avec les armes de séduction massives, l’encyclopédie a mis récemment ses contributeurs à l’honneur en éditant une version papier de certains de ses articles allemands. Au total, 90 000 rédacteurs/correcteurs se sont retrouvés cités sur 27 pages d’un véritable bouquin commercialisé vingt euros par la maison d’édition Bertelsmann. Une manière de passer à la postérité qui doit encore plus motiver les fans maintenant qu’il existe un précédent.
Un coup de pub aussi pour une encyclopédie qui a enchaîné les bourdes récemment. Une manière de mettre en lumière les « bons » rédacteurs, par opposition avec les mauvais élèves s’acharnant à distiller des infos erronées dans certains articles et à saper la réputation de l’encyclopédie-star..."


(2)Pour le test autant que pour le « fun », cet article a été rédigé sans l’aide de Wikipédia. NdA

à suivre "Mais qui veut la peau de Wikipedia ?"
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