mardi 4 janvier 2011

Structure du web documentaire

Fin de la saga hivernale sur les web-documentaires, article rédigé par Stéphanie Suby pour la revue Inter-CDI. 

Puisque nous avons sélectionné quatre web documentaires, tâchons d’en dégager quelques points forts.La durée. 
Le plus court de ces films est L’enfant de Verdun, moins de 7 minutes. D’une manière générale, il n’y a pour l’instant pas de format imposé. D’autant qu’en pouvant pleinement interagir avec le film, l’internaute contribue largement à allonger ou raccourcir le programme de base.
Néanmoins Samuel Bollendorf, dans une interview à 3Wdoc, pressent que le web documentaire se doit d’être concis. Pour mieux capter l’attention d’un public toujours plus prompt à aller zapper ailleurs.

La technique.
Ces quatre programmes sont constitués de vidéo, de photos et d’une explication narrative. Cela peut être une voix off ou, comme Intended consequences et Voyage au bout du charbon, l’incrustation de texte pour accompagner le spectateur.

La vidéo peut être issue du tournage du documentaire ou d’images d’archives.
On remarquera (on s’étonnera ?) qu’elle soit surtout utilisée pour souligner une ambiance, donner du rythme ou au contraire, ralentir la narration.
En revanche, la photo raconte l’histoire. Pleinement.
Via des diaporamas (allez donc visiter l’usine de fabrication de cercueils de Thanatorama, via des portraits (forts émouvants dans Intended Consequences), via un montage collant à la narration (Thanatorama, Voyage au bout du charbon).
Parfois, photos et vidéos se mêlent habilement. Comme l’incrustation d’une image d’archive au milieu d’une photo de Jacques Grison dans L’enfant de Verdun.
Mais, selon nous, c’est le son qui tire le mieux son épingle du jeu. Pourvoyeur d’interviews, de bruits d’ambiance, de musique... de silences aussi, il a toute sa place dans ces web documentaires.
L’interactivité. Nous distinguerons ici l’interactivité narrative qui consiste à choisir la construction du film en fonction des choix proposés, de l’interactivité a posteriori qui comprend les forums, commentaires, liens externes et autres possibilités de débattre et approfondir le sujet.
Concernant la première, L’enfant de Verdun est hors course. Conçu de manière linéaire, il ne propose pas de destructurer le récit à sa guise. En revanche, les trois autres films présentent cette possibilité, à des degrés plus ou moins développés. Mais toujours avec un réel a-propos (ce qui n’est pas le cas de tous les films que nous avons visionnés).
Concernant la seconde, tous les films choisis permettent de prolonger l’expérience : forums autour du sujet, contact des auteurs, making of, liens militants...C’est Intended consequences qui affiche l’offre la plus riche de ce côté-là.
Le message. Chacun de ces films est issu d’un point de vue original. Que le message soit engagé ou décalé, poétique ou polémique, aucun de ces programmes ne peut laisser indifférent.

C’est à notre sens ce dernier point qui fait que ces films peuvent être de réelles bases pédagogiques. Bien sûr il y a le sujet. Bien sûr, il y a l’outil, séduisant, qu’est internet. Bien sûr, il y a l’aspect ludique de choisir ses pistes de narration, mais ce qui reste fondamentalement intéressant pour travailler avec des élèves ou des apprenants, c’est l’immersion et l’engagement des auteurs, ainsi que leurs partis-pris, assez neufs et audacieux pour être étudiés et salués.

Dans le flux croissant de web documentaires en cours de production ou en cours de diffusion, tout n’est pas fameux, mais il est tout de même important de souligner que chaque travail étant un carrefour entre technologie, choix d’auteurs et multimédias, l’impression qui reste est celle d’un travail réfléchi et surtout, laisse augurer de beaux jours à ce vrai/faux nouveau genre.

Article précédent : Une très subjective sélection de web-documentaires

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